Le temps des maquis – 4 – Les plans d’action

Table des matières

Intégrer les maquis dans les plans d’action

 De Gaulle n’a pas imaginé ces maquis, devenus si importants que le mot « maquisard » remplace souvent celui de Résistant. Il a pensé longtemps que la Résistance, ne jouerait de rôle qu’au moment du débarquement allié. Il l’avait conçue comme une petite armée cachée, formée de patriotes disciplinés, dont il nommerait les chefs, et à qui des armes et des ordres seraient donnés au moment opportun.Et voilà qu’il se rend compte que les meneurs des maquis, que les responsables de l’action clandestine qui harcèlent l’ennemi sans attendre ses ordres, sont des Français de base, de petites gens dont la valeur humaine, le patriotisme et le courage sont souvent inversement proportionnels au rang social. L’Armée Secrète (AS) ne correspond plus, du fait de son recrutement devenu massif, à sa conception première ; et c’est bien pire avec les FTP.
On ne peut pas continuer à encourager les uns et les autres sans les coordonner. Ce ne sera pas une mince affaire : une moitié des Résistants est dispersée en petits groupes dans les villages abandonnés et les forêts, l’autre est éparpillée dans les agglomérations et mène une vie normale tout en faisant circuler les petits journaux clandestins tirés au duplicateur. Et tous tiennent trop à leur formation respective pour abandonner celle-ci. 

C’est pourquoi, le 1er février 1944, le Comité de Libération Nationale, à Alger, donne le nom de Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) à l’ensemble des mouvements de Résistance. Ses formations de combat doivent s’organiser en unités militaires. Tous les groupes prennent le nom de Bataillons et les chefs reçoivent des grades correspondant aux effectifs commandés.
Pour satisfaire l’Etat-Major allié, le général Koenig, à Londres, prend le commandement (théorique) de cette armée alors qu’en France les FFI reçoivent les instructions de la Commission d’Action Militaire (COMAC), organe du CNR, préoccupé d’unité d’action dans l’insurrection nationale en préparation.

[Sur injonction du gauleiter Fritz Sauckel, chargé de la réquisition de la main d’œuvre dans les pays occupés, le « gouvernement » de Vichy décrète, le 1er février 1944, que tous les hommes de 16 à 60 ans et toutes les femmes de 18 à 45 ans sont soumis à l’obligation du travail et rejoindront les #STO. L’indispensable recensement préparatoire, fait à vitesse réduite, ne sera pas terminé lors du débarquement.]

La France se couvre d’un réseau administratif secret de Comités régionaux, départementaux, locaux…
Pour le Lot-et-Garonne, les chefs des principaux groupes constituent le Comité départemental de la Résistance (CDR) le 29 avril 1944 au château de Montfort (à 1 km de Montauriol) en présence des représentants d’organisations interdites (partis et syndicats). Ce CDR confirme le rôle dirigeant du colonel Beck (Guérin) en le prenant pour président et se met en rapport avec le Comité régional de Toulouse, groupé autour de Jean Cassou, Commissaire de la République, et du Colonel Serge Ravanel.
Au cours des réunions suivantes, il désignera comme commandant des FFI du département Francis Montagnier
(« Colonel Main Noire ») officier de L’ORA, instructeur d’un maquis à Lougratte. Il désignera aussi François Duvignau, directeur de l’Enregistrement, comme « préfet de la Libération ». Cambon ne participe pas à ces rencontres, il a été tué, en mars, au Restaurant Vert à Agen.

« Raconte-moi la Résistance »
Jacques MUNIER

ANACR47 – 2013

 Liste de tous les articles de la catégorie :

La Résistance Lot-et-Garonnaise dans la 2ème Guerre Mondiale

Situation générale en Lot-et-Garonne au cours des années 1939-1940

Les signes de la première résistance

Formation des premiers réseaux

Intensification de la guerre et de la Résistance – 1

Intensification de la guerre et de la Résistance – 2

Le temps des maquis – 1

Le temps des maquis – 2 – Le rassemblement

Le temps des maquis – 3 – Des coups dramatiques

Le temps des maquis – 4 – Les plans d’action

Le temps des maquis – 5 – La menace de représailles

Le temps des maquis – 6 – A la veille de Jour J

Le temps des maquis – 7 – Les Allemands reculent sur tous les fronts

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 1 – Le Jour J

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 2 – Villages sous la terreur

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 3 – Bombardements et escarmouches

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 4 – Les principaux combats : Astaffort

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 5 – Les principaux combats : Castelnau-sur-Auvignon

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 6 – Les principaux combats : Sos

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 7 – Les principaux combats : Prayssas

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 8 – Les principaux combats : Lapeyres et St-Jean-de-Thurac

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 9 – A l’approche du dénouement

La Libération du Lot-et-Garonne – 1 – Agen

La Libération du Lot-et-Garonne – 2 – le département


 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *