Panorama des stèles de St-Romain-le-Noble et de St-Jean-de-Thurac

Devoir de mémoire : 70ème anniversaire des combats de St-Romain et St-Jean de Thurac

Les combats de St-Romain et St-Jean du 15 et 17 août 1944

Ci-dessous, nous publions les discours de Jean MASSE et de Brigitte MORENO, respectivement Secrétaire général et Présidente déléguée de l’association ANACR de Lot-et-Garonne. Dans ce texte et cette vidéo, après avoir resitué les combats dans leur contexte historique, les deux orateurs répètent inlassablement l’importance du devoir de mémoire envers ces hommes et ces femmes qui ont perdu leur bien le plus précieux, la vie, au profit de notre liberté. Nous avons une dette de sang envers eux. Nous leur devons de ne pas laisser la « bête immonde » recoloniser les têtes de nos concitoyens.

Allocution de Jean MASSE

Jean MASSE, ami de la Résistance, Secrétaire Général ANACR 47
Jean MASSE, ami de la Résistance, Secrétaire Général ANACR 47 – St-Jean 2014/08/24

« Cette cérémonie était jadis organisée par le groupe Dollé. Ces jeunes dont les noms figurent sur cette stèle étaient résistants dans les groupes Vény, Dollé et Kléber. Maintenant, une association appelée « Comité du Souvenir » vient de se créer. Le Journal Officiel l’a publié le 22 juillet 2013. Nous avons ouvert un compte pour parvenir aux besoins du comité Nous continuerons ainsi à faire connaître ce drame des 15 et 17 août 1944 et honorer la mémoire de ces jeunes et celle de l’abbé Couderc, résistant du groupe, comme l’ont fait les anciens du groupe Dollé.

Il y a 70 ans qu’ont eu lieu les combats de St-Romain et St-Jean de Thurac.

Ces combats se situent entre le 6 juin 1944, jour du débarquement en Normandie et le 19 août, jour de la Libération d’Agen. Il y eut de nombreux combats en Lot et Garonne entre ces deux dates. Le 10 août, l’état-major départemental FFI donne l’ordre à tous les groupes de se rapprocher partout au maximum et d’attaquer partout la grande voie de communication, la 113 et le chemin de fer, entre Langon et Montauban. Chaque groupe est chargé d’un secteur. Il s’ensuit de très nombreux accrochages un peu partout. Certains deviennent de véritables combats locaux. De La Réole à Sainte-Foy, le bataillon de Duras est engagé à côté d’autres unités.
Ce sera, aussi, le drame de Sacou où quatre jeunes du bataillon, dénoncés, tombent dans une embuscade le 15 août et sont affreusement mutilés.

Donc, que se passa-t-il ces 15 et 17 août 1944 à Saint-Romain et Saint-Jean ?

Les 15 et 17 août 1944, des commandos des groupes VENY, Bataillon Geoffroy et du groupe Dollé, tombèrent dans une embuscade. Ces groupes avaient reçu mission de couper les communications entre Agen et Toulouse, afin d’empêcher l’ennemi de se replier. Le 15 août 1944, au cours d’une reconnaissance des lieux au-dessus de Laspeyres, le commando du bataillon Geoffroy tomba dans une embuscade tendue par les Allemands. Immédiatement attaqués au fusil mitrailleur et à la mitrailleuse, le commando essaya de profiter d’un bois voisin tout proche pour se replier. Les Allemands étaient trop nombreux et supérieurement armés. Quatre maquisards tombèrent sous leurs coups: Capitaine BRUNOLD Jacques, Capitaine KUNTZ Georges, Sous – Lieutenant MORNATASSE, Caporal REDOULES Guy. Le chef du commando, le Commandant VERMONT Jean fut sérieusement blessé à l’épaule gauche.
Ce malheureux incident n’empêcha nullement la destruction de la voie ferrée qui eut lieu entre Lafox et Bon-Encontre, dans la nuit du 16 au 17 août 1944. Le matin du 17 août 1944, un nouvel engagement se produisit avec un détachement allemand qui fut contraint de se replier. Le groupe Dollé en regagnant son campement tomba à nouveau dans une embuscade tendue environ par 250 miliciens qui avaient été appelés en renfort par les Allemands. Au cours de ce nouvel accrochage, les pertes furent lourdes :
7 tués, 9 blessés, 8 autres furent faits prisonniers et libérés quelques jours plus tard par les F.F.I de Toulouse.

Ces jeunes ont défendu pour nous la Liberté.

Le Lot et Garonne s’honore d’avoir compté une résistance active : plus de 250 fusillés ou tués, plus de 650 déportés dans les camps de la mort s’ajoutant aux 1200 d’Eysses. Des milliers de patriotes arrêtés, emprisonnés et internés, des villes et des villages bombardés, rackettés, pillés par l’ennemi et ses serviteurs.

Nous restons fidèles à tous ceux qui se sont levés après la capitulation de 1940 et le renversement de nos institutions républicaines, à ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, hommes et femmes de toute appartenance et famille de pensée, unis dans la lutte pour la Libération de la France. Valeureux frères d’armes dont chacun contribua à rendre à la France sa dignité, sa souveraineté, ses libertés. En ce soixante-dixième anniversaire nous proclamons notre fidélité aux raisons des combats d’hier, et à la mémoire de ceux qui ont donné leur vie à cette noble cause. N’oublions jamais que la Résistance unie de l’intérieur et de l’extérieur a refait de la France une grande nation debout.

En a-t-on pour autant fini avec les vieux démons. Non, ils continuent à surgir. La « bête immonde » du racisme et du fascisme est hélas encore vivante, la terrasser avant qu’elle ne puisse férocement mordre à nouveau est une nécessité. En passant aux générations contemporaines la mémoire de ce que furent les crimes du fascisme, avant qu’il accède au pouvoir et après qu’il y fut, et celle de la lutte que menèrent pour s’y opposer les antifascistes et Résistants de notre pays, notre Association entend par là-même prendre toute sa part à ce combat démocratique.

Jean BARRES
Jean BARRES

Jean #Barrès a organisé cette cérémonie jusqu’en 2000. Nous avons une pensée pour lui. Il avait écrit un texte sur la Résistance. En voici la conclusion : « Dire ce que fut le mal d’hier, dire comment le nazisme faillit submerger le monde sous « les ruines de la morale », comme disait Paul ELUARD, c’est éveiller la vigilance de ceux qui ne connurent pas cette époque car il est vrai que, connaître cette époque, apprend aujourd’hui à « veiller ». Connaître la riposte victorieuse de notre peuple apprend à ne jamais désespérer, et à faire confiance aux hommes. »

Telle est en fin de compte notre ambition. »

Allocution de Brigitte MORENO

 

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