La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 8 – Les principaux combats : Lapeyres et St-Jean-de-Thurac

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15-17 août : les combats de Laspeyres et de St-Jean-de-Thurac

 C’est pour faciliter le #débarquement de #Provence, prévu par les accords secrets lors de la rencontre au sommet de Téhéran (déc. 1943), que les Anglo-Saxons demandent de façon de plus en plus pressante la destruction des voies ferrées Paris-Marseille et Bordeaux-Marseille. Eux-mêmes y participent par des raids aériens de surveillance et de bombardement des convois, sur renseignements de la #Résistance, transmis par #Hilaire.

Le 2 août, un train de marchandises, de munitions et d’armes est copieusement mitraillé et définitivement arrêté à #Aiguillon où le maquis le pillera.

Le 4 août, 2 chasseurs-bombardiers « Mosquitos » attaquent un train de munitions à #Clermont-Dessous. Les obus transportés explosent, et l’un des deux avions, atteint par un morceau d’obus s’écrase à #Limon, sur le plateau de Feugarolles pendant que les obus continuent d’exploser, détruisant le train et la voie.
L’Etat-Major allié manifeste quelques jours plus tard son inquiétude d’apprendre que des trains circulent encore, de Bordeaux à Sète, malgré des attentats quotidiens. Des techniciens allemands, toujours à pied d’œuvre, sont passés maîtres dans la réparation rapide des voies endommagées.
Londres demande un effort supplémentaire pour rendre cette voie inutilisable.
[ready_google_map id=’8′] Le 15 août, les chefs des groupes #Kléber et #Dollé, du Bataillon #Geoffroy, font une reconnaissance à #Marquet, site de repli éventuel dans les coteaux au Nord de #Laspeyres (commune de Saint-Romain-le-Noble), en vue d’un coup important à la fois sur le rail et sur la route. Ils croisent un groupe de soldats allemands qui laissent passer leurs deux voitures, mais un deuxième groupe ouvre le feu à 30 m, tuant à la mitrailleuse 4 d’entre eux. Geoffroy (#Vermont) est lui-même blessé. L’effet de surprise passé, les maquisards survivants se reprennent, tuent quelques-uns de leurs agresseurs et évacuent les blessés vers la clinique du Dr. #Boquet à #Saint-Vite. Les morts laissés sur place seront récupérés quelques jours plus tard.

Le 16 août, le groupe Geoffroy, commandé par #Dupré (Geoffroy est à la clinique de Saint-Vite) saborde la voie ferrée entre #Bon-Encontre et #Lafox.

17 août. Laspeyres est un lieu bien particulier à la limite du département; la route et la voie ferrée sont serrées l’une contre l’autre entre la Garonne et un escarpement dominant le tout de plus de 100 m.
C’est là que le groupe Dollé, à l’aube, sabote la voie ferrée en neutralisant la patrouille allemande qui s’y trouve. Puis il se met en devoir d’encombrer la route nationale 113 (Bordeaux-Toulouse) en abattant des arbres au plastic ou aux crayons explosifs.
Des Allemands, montés dans un camion blindé armé d’une mitrailleuse à 2 canons jumelés, partent à la recherche des saboteurs et les retrouvent au moment où ils abattent 2 arbres qui tombent juste quand ils passent. Dans le bref combat qui suit, où leur mitrailleuse n’est pas d’un grand secours parce que les maquisards sont bien protégés, plusieurs Allemands sont blessés et Dollé a du mal à retenir ses hommes, qui exultent parce que leurs coups ont porté. Les Allemands repartent dans leur camion.
Un peu plus tard, c’est Dollé qui part à leur recherche dans sa camionnette surmontée d’une mitrailleuse Hotchkiss. Il les retrouve faisant une pause au-delà de Laspeyres, au bas du pont qui enjambe le canal et, après avoir garé ses hommes en vue d’une éventuelle fusillade, il s’adresse d’une voix forte au groupe d’Allemands en leur intimant l’ordre de se rendre. La réponse est une rafale de la mitrailleuse à 2 canons à laquelle répond la fusillade des maquisards qui se dégagent et repartent par la 113. Mais à Saint-Jean-de-Thurac ils sont attendus par la Milice qui tire, à 20 m, sans sommations, au fusil-mitrailleur et à la mitrailleuse, en ouvrant le feu au dernier moment. La mitrailleuse Hotchkiss reste muette: son servant a été tué. Deux autres volontaires qui tentent de l’utiliser sont tués à leur tour.
Un Sénégalais, caché dans le fossé, lance une grenade contre la mitrailleuse des miliciens, qui s’arrête.
Les tirs au fusil continuent.
Dollé, qui a perdu 7 tués et 3 prisonniers, se retire avec 11 blessés portés à la clinique Boquet à St-Vite.

Bien entendu, pendant ces combats, les rencontres fortuites et mortelles se poursuivent ailleurs :

  • Le 21 juillet, à la « Porte d’Agen », au S-O de #Villeneuve-sur-Lot, une colonne allemande rencontre et tue 2 maquisards, arrière-garde d’un commando de Dollé qui vient de s’emparer, à la gare de Villeneuve, de 6 camions chargés de ravitaillement destiné aux troupes d’occupation… mais reparti pour le maquis.
  • Le 15 août à #Rayet (8 km au N de Duras). Sur la D 203, à mi-chemin entre Riocaud et Savignac, 4 maquisards de vingt ans sont surpris par un convoi allemand qui les mitraille ; leur voiture s’écrase ; blessés, ils sont tués avec leurs propres armes avant d’être pendus aux arbres qui bordent la route.

 « Raconte-moi la Résistance »
Jacques MUNIER
ANACR47 – 2013

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