La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 7 – Les principaux combats : Prayssas

Table des matières

Prayssas, la bataille des 14 et 15 Août

Un officier allemand ayant été tué à proximité de Prayssas, les Résistants du Groupe « François » s’attendent à des représailles d’autant plus lourdes que les occupants, sur le départ, ne se contiennent plus. Le commandant BARRET a confié la direction du Bataillon « Jasmin » à André HUSER, le « capitaine Charles », qui n’est pas un étranger dans la région : il est le fils du « Roi de la Bonneterie » d’Agen.

Le capitaine Charles[1. Etudiant en lettres classiques à Bordeaux, appelé sous les drapeaux en 1938 et maintenu en 1939, il a échappé aux Allemands en 1940. On le retrouve à Beyrouth en 1941 dans les FFL, puis en Libye en 1942 ; il entre, en Angleterre au SOE; il devient instructeur en matière d’armement. Le SOE lui confie une mission en Bretagne, où il est parachuté, et l’envoie ensuite à Prayssas où CAYROU l’installe dans la grotte du Roubillou.] met en alerte les maquis les plus proches: le GF13 commandé par le capitaine Henri RICHARD de l’ORA, ainsi que Prosper, déjà en mouvement vers Agen.
Le 14 août à l’aube, le hameau de Cornier – où se trouve un PC du Bataillon Jasmin – est attaqué par une patrouille allemande qui tue la sentinelle. S’en suit une fusillade nourrie qui contient les assaillants pendant que les habitants évacuent le hameau et se réfugient à Prayssas, qui est couvert par la 2ème compagnie du Bataillon « Jasmin ». Persuadé que ce n’est qu’un début, le capitaine Charles, arrivé de Lagarrigue où il menait une opération, prépare la bataille du lendemain en regroupant la 1ère compagnie à l’Ouest du Roubillou.

Le 15 août[2. Le 15 août la 7ème armée américaine (Patch) débarque à Fréjus, et les premiers commandos français au Cap Nègre, qui sont rejoints le 16 août par l’armée B (de Lattre de Tassigny) qui débarque à Cavalaire. Les généraux allemands qui commandent en France veulent se replier immédiatement. Hitler leur ordonne de tenir, puis se résigne à l’évidence et donne, le 19 août l’ordre de retraite générale. Certains échelons intermédiaires ont anticipé puisqu’il semble que l’ordre de repli soit parvenu dès le 17 août dans le Sud-Ouest.] les Allemands reviennent à Cornier, et l’occupent. Une file de camions est arrêtée le long de la Masse, et, de là, partent leurs patrouilles.
Le détachement comprend une compagnie d’infanterie, une section de mitrailleuses, des motocyclistes et une section de mortiers (les mortiers sont de petits canons à tir courbe ; leur mise en œuvre est simple ; ils sont rapides et efficaces).
Le groupe Prosper, qui a cantonné, la nuit, au Sud de Prayssas, coupe la route Agen-Prayssas, et barre la vallée en prévision de l’arrivée de renforts allemands.
Le GF13, qui arrive du Nord-Est, progresse sur le dos de terrain qui porte Prayssas et Cornier, puis encercle Prayssas. Là, il est immobilisé par une longue fusillade, tout en interdisant l’axe Cornier-Prayssas. Pendant ce temps la 1ère compagnie de Charles franchit le Roubillou et attaque de front la compagnie allemande qui est délogée du flanc du vallon. Le GF13 reprend sa progression vers Cornier bien que gêné par des tirs de mortiers.
Les Allemands, maintenant à l’étroit, descendent vers le Sud-Est tout en étant tenus écartés, par la section du lieutenant Meyer, des emplacements de fusils-mitrailleurs du maquis. Ils arrivent à se retirer sous la protection de leurs mortiers installés près de la Masse. Ils essaient de le faire en ordre, mais ils se trouvent à proximité du groupe Prosper qui reçoit l’ordre de tirer et fait encore quelques victimes.

Cette bataille a vraisemblablement sauvé Prayssas du sort d’Oradour-sur-Glane.

« Raconte-moi la Résistance »
Jacques MUNIER
ANACR47 – 2013

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Situation générale en Lot-et-Garonne au cours des années 1939-1940

Les signes de la première résistance

Formation des premiers réseaux

Intensification de la guerre et de la Résistance – 1

Intensification de la guerre et de la Résistance – 2

Le temps des maquis – 1

Le temps des maquis – 2 – Le rassemblement

Le temps des maquis – 3 – Des coups dramatiques

Le temps des maquis – 4 – Les plans d’action

Le temps des maquis – 5 – La menace de représailles

Le temps des maquis – 6 – A la veille de Jour J

Le temps des maquis – 7 – Les Allemands reculent sur tous les fronts

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 1 – Le Jour J

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 2 – Villages sous la terreur

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 3 – Bombardements et escarmouches

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 4 – Les principaux combats : Astaffort

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 5 – Les principaux combats : Castelnau-sur-Auvignon

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 6 – Les principaux combats : Sos

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 7 – Les principaux combats : Prayssas

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 8 – Les principaux combats : Lapeyres et St-Jean-de-Thurac

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 9 – A l’approche du dénouement

La Libération du Lot-et-Garonne – 1 – Agen

La Libération du Lot-et-Garonne – 2 – le département

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