La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 1 – Le Jour J

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« La bataille suprême est engagée. C’est la bataille de France, la bataille de la France… » De Gaulle, 6 juin 1944

 Le Lot-et-Garonne et le Jour J

 Dans la nuit du 5 au 6 juin, après que l’Etat-major #FFI ait été rapidement informé, la #BBC fait passer tous les messages qui déclenchent l’action immédiate, mettant en application tous les plans d’action en même temps et partout à la fois. Ainsi, après avoir longtemps hésité à reconnaître et à armer la Résistance, le Haut Commandement Allié la lance d’un coup dans la bataille de France sans tenir compte de la disproportion entre les tâches qui lui sont demandées et les moyens qu’elle a pour les exécuter. Le Lot-et-Garonne, loin des frontières et,  de ce fait, longtemps épargné par les hostilités, se trouve plongé brusquement dans la guerre et devient, pendant 73 jours une zone de combats.Dès la nuit du 5 au 6 juin, ainsi que les nuits suivantes, les Résistants Lot-et-Garonnais appliquent le #plan « vert », qui doit paralyser les transports ferroviaires, et empêcher la division #Das Reich, d’arriver à temps en #Normandie. Ils coupent les voies en les plastiquant ou en faisant sauter un ponceau, ou en déboulonnant un rail quand ils n’ont pas d’explosif. Vichy répond en réquisitionnant tous les hommes valides, transformés, par tiers de nuit (20h-minuit, minuit-4h, 4h-8h) en garde-voies, armés d’un bâton.
Résultat : si la voie est endommagée, le garde-voie préfère disparaître avec les #maquisards que de passer pour complice et être durement puni. Le plan « violet » contre les lignes télégraphiques et téléphoniques est appliqué très vite grâce aux techniciens de haut niveau qui coupent le câble souterrain Bordeaux-Sète. L’application du plan « Tortue » de sabotage des routes est remis à plus tard, mais les panneaux indicateurs sont enlevés ou interchangés pour égarer les convois allemands.

L’insurrection nationale s’exprime par l’entrée des maquisards, drapeau en tête, à #Miramont, à #Duras, à #Lauzun, à #Villeréal, à #Houeillès, qui connaissent quelques heures de liberté provisoire avant d’être repris par la force. A #Casteljaloux le groupe #Arthur libère la ville après un rude combat, mais doit l’évacuer devant l’arrivée de détachements ennemis. Des brigades de gendarmerie se laissent désarmer à #Castillonnès, #Lauzun, #Duras, #Miramont ; des gendarmes sont « enlevés »(!) à #Nérac. Des Allemands, apeurés de ce chambardement, se contiennent mal et tirent au moindre soupçon.

[A Paris, Philippe Hanriot, nouveau ministre de « l’Information » (c’est-à-dire de la propagande) parle tous les jours à Radio-Paris pour adjurer les Français de combattre les « terroristes » qui ouvrent le pays à la bolchevisation. Et chaque jour il a une anecdote à raconter mettant en cause les maquisards sur les territoires qu’ils contrôlent. C’est un orateur extraordinaire dont l’éloquence, la voix prenante, l’accent de sincérité sèment le doute chez les attentistes et lèvent les derniers volontaires pour aller combattre bolcheviks et judéo-chrétiens].

Au #Jour J, les terrains d’atterrissage du Lot-et-Garonne sont gardés par un grand nombre de Résistants, conformément aux ordres reçus, et bien qu’aucun message d’exécution ne leur soit parvenu. Ils sont plusieurs centaines en attente des troupes aéroportées qui doivent épauler un débarquement sur la côte landaise. Deux jours plus tard, sans nouvelles, et ne voyant rien venir, leurs chefs comprennent que le plan #Fortitude-Ironside est un leurre destiné à tromper les occupants; ils font abandonner la défense des terrains.

« Raconte-moi la Résistance »
Jacques MUNIER
ANACR47 – 2013

 Liste de tous les articles de la catégorie :

La Résistance Lot-et-Garonnaise dans la 2ème Guerre Mondiale

Situation générale en Lot-et-Garonne au cours des années 1939-1940

Les signes de la première résistance

Formation des premiers réseaux

Intensification de la guerre et de la Résistance – 1

Intensification de la guerre et de la Résistance – 2

Le temps des maquis – 1

Le temps des maquis – 2 – Le rassemblement

Le temps des maquis – 3 – Des coups dramatiques

Le temps des maquis – 4 – Les plans d’action

Le temps des maquis – 5 – La menace de représailles

Le temps des maquis – 6 – A la veille de Jour J

Le temps des maquis – 7 – Les Allemands reculent sur tous les fronts

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 1 – Le Jour J

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 2 – Villages sous la terreur

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 3 – Bombardements et escarmouches

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 4 – Les principaux combats : Astaffort

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 5 – Les principaux combats : Castelnau-sur-Auvignon

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 6 – Les principaux combats : Sos

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 7 – Les principaux combats : Prayssas

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 8 – Les principaux combats : Lapeyres et St-Jean-de-Thurac

La part du Lot-et-Garonne dans la bataille de France – 9 – A l’approche du dénouement

La Libération du Lot-et-Garonne – 1 – Agen

La Libération du Lot-et-Garonne – 2 – le département

 

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