Laparade

Laparade – un village sauvé de la barbarie nazie par son abbé

Laparade, une effroyable tragédie

Le 12 juillet 1944, Laparade, village du Lot-et-Garonne, se réveille au son du crépitement d’armes automatiques. Suite à une dénonciation, des miliciens attaquent un groupe de Résistants. Ils capturent cinq d’entre eux et tuent une passante.

L’attaque de Laparade par des Allemands assistés de miliciens

Sur dénonciation, le 12 juillet 1944, les Allemands, conduits par des miliciens, investissent Laparade. Un groupe de neuf résistants est assailli à l’arme automatique. Cinq maquisards sont pris et les quatre autres réussissent à s’échapper. Quelques instants après, cette horde sauvage prend comme cible et tue une femme qui va chercher son pain.

Le récit complet de cette horrible tragédie est rédigé par l’abbé DIEULAFAIT. Son attitude a contribué à limiter le désastre (selon les propos de Pierre PONS, Président du comité local ANACR de Castelmoron-sur-Lot).

Laparade, un village de Lot-et-Garonne sous l’occupation

Le 12 juillet 1944, Laparade est, comme beaucoup d’autres endroits en Lot-et-Garonne, un village paisible. Chacun fait face aux conséquences de l’occupation de notre pays. Comme partout, les habitants sont divisés. Certains refusent l’asservissement et s’engagent dans des actions clandestines. Le plus grand nombre attendent des jours meilleurs. D’autres, peu nombreux, collaborent avec l’ennemi.

Laparade commémore la journée du 12 juillet 1944

Tous les ans, avec le concours du comité cantonal de l’ANACR, les maires organisent une cérémonie commémorative à la mémoire des victimes.

Le 12 juillet 2015, les élus, les autorités civiles et militaires, les associations d’anciens combattants, de déportés et les porte-drapeaux contribuent à cet hommage. Une foule nombreuse, précédée par une fanfare, défile vers le monument aux Morts.

Le Chant des Partisans est chanté devant le mur des fusillés. le Maire de Laparade retrace le déroulement de ces tragiques évènements. Puis il remercie tous les participants venus prendre part à cette journée du souvenir. Il insiste sur le devoir de mémoire.

Puis il donne la parole à :

  • M. le Sous-préfet de Marmande ;
  • Mme Regine POVEDA, Députée de Marmande ;
  • M. Pierre CAMANI, Président du Conseil départemental ;
  • M. Pierre PONS, représentant départemental de l’ANACR (lire l’allocution ci-dessous).

Chacun d’eux rappelle que :

  • Le souvenir de notre passé historique est indispensable au maintien de la démocratie et de la liberté : « Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre » (Winston Churchill) ;
  • La nécessité de passer la mémoire des valeurs de la Résistance aux nouvelles générations, en particulier auprès des élèves du primaire, des collèges et des lycées.

La cérémonie se termine par le dépôt de gerbes, l’appel des Morts pour la France, la sonnerie aux Morts et la Marseillaise.

Allocution de Pierre PONS, représentant de l’ANACR47

« Sans l’action héroïque de l’abbé DIEULAFAIT, cet horrible drame aurait pu mettre en péril le village tout entier !

Participer à une commémoration, c’est se souvenir des sacrifices, des drames, afin que ne s’efface jamais de notre mémoire collective, ces étapes fondamentales qui ont forgé la France d’aujourd’hui. Une France libre et en paix depuis 70 ans. Alors, oui, souvenons-nous de cette page de notre histoire, si nous ne voulons pas la revivre.

Se souvenir est un devoir

Laparade - cérémonie du souvenir
Laparade – cérémonie du souvenir – 12 juillet 2015

Non ! La Résistance ne fait pas partie du passé. Au contraire, elle fait partie du présent et surtout de l’avenir. Souvenons-nous des paroles de la grande résistante Lucie Aubrac  » La Résistance se conjugue toujours au présent « . Le monde contemporain connait toujours la guerre, l’oppression, le racisme, les discriminations. Les héritiers des idéologies criminelles vaincues en 1945, relèvent la tête. Elles retrouvent une audience à la faveur des crises de nos sociétés.

Lorsque nous sommes appelés à remplir nos devoirs de citoyen, agissons avec prudence et lucidité. Exprimons notre mécontentement en évitant de soutenir :

  • Ceux qui prônent le racisme, la haine de l’étranger ;
  • Ceux qui nient l’existence du génocide de millions de victimes innocentes.

Oui, nous, anciens résistants, nous sommes très inquiets. Si nous empruntons la voie de l’indifférence, de la banalisation des faits dérangeants, nous allons tout droit vers la même situation. Alors que nous l’avons combattue. Cela signifierait que nos camarades sont morts pour rien.

Opposons-nous fermement à cette intolérance, refusons d’être des témoins passifs et des complices de l’inacceptable.

L’ANACR agit pour transmettre aux jeunes générations :

  • La connaissance des faits historiques ;
  • Les valeurs du Conseil National de la Résistance.

Sans quoi les combats livrés et les sacrifices consentis seraient vains.

Les anciens combattants résistants sont de fervents défenseurs de la mémoire. Aujourd’hui, leurs nobles valeurs sont menacées. C’est pourquoi l’ANACR, avec ses Amis, met tout en œuvre pour qu’elles ne tombent pas dans l’oubli.

Connaître le passé, c’est comprendre le présent et préparer l’avenir.

L’ANACR pense qu’il est nécessaire, plus que jamais, de persévérer dans cette voie. Elle veut sauvegarder les acquis issus du Programme du Conseil National de la Résistance, trop souvent amputés.

Les événements du 12 juillet 1944 à Laparade sont toujours vivants grâce à deux amis de ce village : l’abbé André DIEULAFAIT et Raymond GGALLINE. Chacun, à sa manière, a contribué à la pérennisation de la mémoire de cette tragédie.

Nous devons un grand Merci à toutes celles et à tous ceux, célèbres ou anonymes, qui, par leur sacrifice, nous permettent aujourd’hui, de vivre libres dans un pays démocratique. »

 

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