Hommage à « Gilles » résistant fumélois

«Gilles», résistant et figure importante parmi les anciens commerçants du fumélois, nous a quittés.

Gilles BAGATTIN est né en Italie, en 1922, près de la frontière autrichienne.

Sa famille arrive en France en 1927. Poussée hors de son pays par la violence fasciste et la misère, elle s’installe dans une ferme près de Soturac (Lot), comme bon nombre d’autres italiens venus dans le Sud-Ouest pour occuper les terres laissées libres par la terrible saignée provoquée par la guerre de 1914-1918.

Après l’école communale, il part en apprentissage et devient boucher en travaillant avec la famille CHÊNE.

En septembre 1942, il épouse Odette Simone LAFON.Le jour de son mariage, il apprend l’arrestation de Marguerite FILHOL.

En 1943, il est réquisitionné pour partir en Allemagne au titre du Service du Travail Obligatoire (S.T.O.), service instauré par Pétain et Laval. Connaissant le sort réservé à ceux qui sont partis avant lui, sa belle famille le confie à la Résistance. Cette dernière le cache dans la famille MAGIMEL, près de Lacapelle-Biron. La situation devenant très risquée, il rejoint le bataillon « Jack » dans les carrières du Pech du Treil. Parce que boucher, il est affecté comme Combattant Hors Rang en charge du ravitaillement de la centaine de résistants cantonnés dans les carrières. Début août 1944, il accompagne les unité combattantes en direction de la vallée de la Garonne en application des plans prévoyant de couper la retraite de l’armée allemande et des miliciens.

Après la Libération, il travaille aux abattoirs de Fumel et en 1957, il s’installe comme boucher dans la rue du Barry. De taille moyenne et assez fluet, il impressionne ses clients par l’énergie qu’il déploie pour traiter ses quartiers de viande. Jusqu’au tout début des années 1980, il est considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs bouchers de Fumel.

Retiré sur les hauteurs du village, il vit une retraite paisible rythmée par les cérémonies du souvenir de tous les conflits du XXe siècle. Pendant de longues années, il fut l’un des porte-drapeaux de l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance (A.N.A.C.R.).

 

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