A.G. ANACR 47 2015 Mémoire et fraternité

Madame la Présidente, chère Brigitte MORENO, je vous remercie de votre accueil.

Monsieur le Préfet,
Monsieur le Maire,
Monsieur le délégué national,
Mesdames et Messieurs les membres du bureau,
Mesdames et Messieurs,

Je tiens, en tout premier lieu, à excuser Pierre CAMANI, Président du Conseil départemental et Sénateur de Lot-et-Garonne, qui ne pouvait être présent aujourd’hui. Il m’a donc fait l’honneur de le représenter.

Ce congrès départemental revêt cette année une dimension toute particulière, au regard du devoir commémoratif auquel nous avons l’obligation morale de nous livrer.J’ai tout d’abord une pensée émue pour la disparition de Jean-Louis CREMIEUX-BRILHAC. Responsable de la communication de la France Libre, il fut l’un des premiers à dénoncer les chambres à gaz en 1944.  Il fut par ailleurs le fondateur de la Documentation Française, afin de diffuser le savoir. Ce combat là, dans ces temps troublés par l’obscurantisme et l’intolérance, il appartient à chacun d’entre nous de le perpétuer au travers du temps.

Il y a quelques jours de cela, le Président de la République s’exprimait à l’occasion du 71ème anniversaire de la rafle de 44 enfants juifs, à la maison d’Izieu.  Je voudrais emprunter ses mots, qui doivent raisonner dans nos esprits : « Nous sommes, encore une fois réunis dans un lieu de drame, cette maison qui fut hier le théâtre d’une tragédie abominable, et qui est aujourd’hui le symbole de la mémoire et de la fraternité ».  Ce symbole de mémoire et fraternité est incarné par les associations d’anciens combattants, et notamment par l’ANACR 47.

Je crois que nous devons inlassablement rappeler que les anciens combattants, les anciens résistants, sont un vecteur fondamental dans la transmission aux jeunes générations des valeurs républicaines pour lesquelles de nombreux combattants ont payé de leur vie.  Je connais votre dynamisme et les actions d’importance de votre association. Je connais votre engagement sans faille auprès des plus jeunes générations, votre volonté d’être des « passeurs de mémoire ».  Et quelle pourrait être parole plus juste et plus sincère que la vôtre, vous, anciens combattants, anciens résistants, qui avez sacrifié les plus belles années de votre jeunesse, pour construire une société où la paix est une valeur sacrée.

En portant les blessures de l’histoire à la connaissance de toutes les générations, en les expliquant avec pédagogie et discernement, je crois que vous œuvrez, pas à pas, à ne pas commettre à nouveau les mêmes erreurs.  Car en effet, commémorer, ce n’est pas seulement invoquer le passé. Commémorer, c’est faire connaître, aux plus jeunes générations, les histoires de nos combattants qui ont sacrifié une part d’eux-mêmes pour la patrie. De nos combattants dont le courage les a engagés à lutter contre le régime nazi. De ceux qui se sont réunis au-delà de de leurs convictions idéologiques pour bâtir la France de l’après-guerre autour de Jean Moulin et du Conseil national de la Résistance.

Nous avons la chance d’avoir la possibilité d’entendre encore aujourd’hui les témoignages de ceux qui ont été amenés à combattre. Si je parle de chance, c’est celle de pouvoir écouter les récits, les histoires de ces femmes et de ces hommes tombés au combat afin d’apprendre. Cette parole nous permet de répondre à l’ignorance, à la barbarie. Elle nous permet de perpétuer le souvenir des héros anonymes qui ont sacrifié leur existence pour que vivent nos enfants et nos petits-enfants.

Transmettre pour ne pas oublier que la paix et la démocratie se sont construites au prix de nombreuses souffrances. Aussi, au nom de l’Assemblée départementale dans son ensemble, permettez-moi de vous saluer pour l’action que vous menez au quotidien.  Si vous me le permettez, je dirais un mot pour toutes celles qui ont accompagné, soutenu, et malheureusement perdu leurs compagnons. Mieux que toutes, elles comprennent ce que signifient les blessures morales que la guerre peut engendrer. Je souhaitais leur rendre hommage.

Alors qu’il était combattant dans les maquis du Sud Est, René CHAR écrivait « À tous les repas pris en commun, nous invitons la liberté à s’asseoir. La place demeure vide, mais le couvert reste mis». Si la liberté était pour eux, pour tous les combattants, un espoir, elle est, pour nous, un acquis. Aussi, je crois plus que jamais nécessaire de nous investir, chacun d’entre nous, afin de faire de cette année de commémoration, une année de réussite et de mémoire.

Je vous remercie.

Françoise Laurent
Conseillère départementale

représentant le Président du Conseil départemental

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