6 avril 2014 – 6 – Congrès départemental de l’ANACR de Lot-et-Garonne à Aiguillon : La montée des périls

La montée des périls

Lors de l’élection présidentielle et des dernières législatives de 2012, nous avons exprimé en tant que citoyens des choix différenciés. Mais, au-delà de ces choix différenciés, ce qui justifie l’existence de l’ANACR depuis sa création, et nous rassemble tous, c’est notre volonté commune de connaître et surtout de faire connaître ce qu’a été la réalité de la #Résistance, de ses combats, de ses valeurs et de son rôle, ce qu’a été aussi la réalité de ce contre quoi les Résistant(e)s ont combattu : le #fascisme qui reste une #menace de notre temps et qu’il nous faut donc combattre.

 Cette mission qui est la nôtre, nous ne l’abandonnerons pas au profit d’autres, même sur des sujets qui ne nous sont pas étrangers – nous les avons explicitement cités dans le préambule de nos statuts – mais qui ne sont pas pour autant notre spécificité, notamment dans le champ des luttes politiques et sociales, qui sont en premier lieu de la responsabilité des partis politiques, syndicats ou associations thématiques spécialisées (Ligue des Droits de l’Homme, Juristes démocrates, Mouvement de Paix, LICRA, MRAP, Secours Catholique, Secours populaire, etc.).

Mais, la montée des périls venant de l’#extrême-droite dans quasiment tous les pays d’Europe, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, réhabilitant parfois – souvent même – ceux qui collaborèrent avec les nazis ; la #xénophobie, le #racisme-anti-immigrés ont pris de graves proportions.

L’extrême-droite xénophobe a été associée au pouvoir en #Italie, en #Autriche, elle a été dans la majorité parlementaire aux #Pays-Bas, en #Norvège elle compte 7 ministres sur 18 en Norvège depuis les élections de septembre dernier, l’évolution de la #Hongrie est des plus inquiétantes… En #Grèce, les dernières élections ont fait – dans un contexte de grave crise économique et sociale – entrer une vingtaine de députés néo-nazis du parti de l’Aube Dorée au parlement grec, certains ayant été depuis arrêtés après le meurtre fin septembre 2013 d’un rappeur militant antifasciste par un militant de l’Aube Dorée.

Dans notre pays, le scrutin régional des 14 et 21 mars 2010 avait déjà été révélateur : près de 12 % des électeurs ayant donné au 1er tour leur voix au #Front National sur le plan national. En Lot-et-Garonne, ce score avait été un peu plus élevé : 12,99% ; le FN obtenant 13,58% à #Fumel, 14,86% à #Aiguillon, 15,42% à #Tonneins, 15, 94% à #Sainte-Livrade, 19,58% à #Hautefage-la-Tour…

Lors de l’élection présidentielle tenue en 2012, Marine Le Pen a recueilli nationalement 17,90 % ; et 21,41% en Lot-et-Garonne. Mais notons que Marine Le Pen a recueilli 21,55% à #Penne d’Agenais, 21,85% à Aiguillon, 23,09% à Sainte-Livrade, 23,72% à Tonneins, 24,86% à #Boé 26,31% à #Buzet, 27,56% à Hautefage-le-Tour…

Et lors des récentes élections municipales, la liste FN obtient au 1er tour 26% des voix à #Villeneuve-sur-Lot et 30% au second tour…

C’est dire que la progression de l’extrême-droite n’est pas un phénomène marginal et lointain mais aussi une réalité d’aujourd’hui en Lot-et-Garonne. Ses causes sont évidemment multiples, sociales et économiques notamment, ce qui est dans leur diversité de la responsabilité des acteurs de la vie sociale et économiques, des forces politiques, syndicales…

Elle est aussi facilitée, la période historique s’éloignant, par la méconnaissance – en premier lieu dans les jeunes générations – de ce que fut la réalité du fascisme au pouvoir, de ce à quoi ont conduit les discours que certains tiennent aujourd’hui et qui ne sont que la reprise de ceux d’hier ayant débouché sur des #crimes monstrueux.

C’est pourquoi une initiative comme celle du «#Wagon-mémorial» qui va être inauguré devant la gare de Penne-d’Agenais, d’où sont partis les Résistants d’#Eysses vers les camps de déportation. Initiative concrétisée par l’obstination de Guy et Anne-Marie #Victor. Ce sera un lieu de mémoire auquel pourront se rendre les #scolaires.

Chers camarades, le combat contre ce que représente le Front National, et d’autres mouvements d’Extrême-droite, qui se sont manifestés parfois de manière violente lors du mouvement de manifestations contre «le mariage pour tous» (Œuvre française, Renouveau français, GUD, Identitaires, Civitas, intégristes…), c’est-à-dire le combat contre la xénophobie, le racisme, les réminiscences du #pétainisme, l’esprit antidémocratique, le #négationnisme historique, le #néofascisme, doit être mené avec constance. Le rôle spécifique de l’ANACR, différent de celui des Partis politiques et des syndicats, est à cet égard de grande importance.

La #vigilance doit en effet constante, et le #combat doit être mené sans relâche contre les idées d’extrême-droite, qu’elles s’expriment par la bouche des #Le Pen, père et fille, sous la forme relookée des « identitaires » ou de manière plus « soft » comme lors du débat sur l’identité nationale ou lors de sur la laïcité ; d’autant plus que Marine Le Pen n’hésite pas à brouiller les cartes, allant jusqu’à évoquer Jean #Moulin alors même qu’elle est en train de tenir des propos violemment xénophobes.

Les Identitaires, courant de l’extrême-droite dite radicale, s’appellent à Grenoble « Les maquisards du Dauphiné », ceux de Lyon « France d’Abord, les Résistants du Lyonnais », reprennent le « Chant des Partisans », cherchent à s’assimiler aux Résistants, leur rendant hommage pour s’être opposés hier à l’invasion étrangère allemande comme eux s’opposeraient aujourd’hui à ce qu’ils appellent « l’invasion étrangère », c’est-à-dire aux immigrés. Le responsable à la communication du Front National appelle à défendre… le Programme du CNR, hommage est rendu par Marine Le Pen à De Gaulle défenseur à la Libération de l’indépendance nationale face aux Anglo-américains…

Nous avons donc un gros travail d’explication et de #clarification à faire, pour #démasquer la #tartufferie de ceux qui n’hésitent pas à se servir des mots de la #Résistance pour en trahir l’esprit, pour éconduire toute sollicitation à joindre nos noms, notre nom sur des textes pouvant permettre – comme ce fut le cas lors du débat sur la constitution européenne – de fâcheuses confusions.

Et aussi être vigilants contre tout entrisme dans nos rangs, ce qui, dans le contexte où un électeur sur quatre ou cinq est potentiellement un électeur du FN, où un électeur sur trois déclare en partager les idées, est une éventualité qu’on ne peut écarter. Nous allons devoir adapter nos statuts pour nous en prémunir.

Nous devons aussi mettre en garde contre tous les glissements estompant la frontière qui doit clairement exister entre les idées démocratiques et les idées liberticides, en étant vigilants à l’égard de toute contamination de la vie publique par ces idées, notamment dans les domaines de la sécurité et de l’immigration.

 Nous avons l’expérience de la campagne du second tour de la dernière élection présidentielle, qui avait pris à cet égard une tonalité des plus inquiétantes : n’a-t-on pas entendu alors le ministre de Défense d’alors dire que Marine Le Pen était une interlocutrice possible ! N’a-t-on pas entendu dire que le Front National était un parti républicain, que des responsables de l’ex-majorité partageaient avec lui des valeurs communes. Ce que pourrait accréditer la promiscuité dans les manifestations « anti-mariage pour tous » entre des militants de partis d’opposition et des militants des groupes d’extrême-droite xénophobes, racistes, homophobes ; et le voisinage au premier rang de l’une d’entre elles entre un élu Bleu Marine du Front national, le député Daniel Colliard, et des parlementaires et personnalités de l’opposition.

C’est dire l’importance de ce combat antifasciste qu’est la #transmission de la #mémoire aux générations contemporaines et futures de ce que fut la réalité du fascisme au pouvoir, de ce à quoi conduisirent les idées xénophobes qui se répandirent entre les deux guerres et les mesures liberticides qui les accompagnèrent, car cela est essentiel pour aider à clarifier les enjeux du présent, pour faire échec à ceux qui aujourd’hui essaient de les masquer en falsifiant ce que furent ceux du passé.

 

Jacques VARIN – sexrétaire National ANACR à Aiguillon – 6 avril 2014

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4 réflexions au sujet de « 6 avril 2014 – 6 – Congrès départemental de l’ANACR de Lot-et-Garonne à Aiguillon : La montée des périls »

  1. Secrétaire du Comité ANACR du Louhannais, je confirme que la lutte contre l'extreme-droite est de plus en plus difficile. à LOUHANS, bien que le maire soit (officiellement) UMP, il nous reproche d'avoir "des discours anti-fascistes intolérables" , d'organiser des expositions "politiques" (expo sur la vie de Jean MOULIN) , nous interdit le dépôt de gerbes au monument de la Résistance, nous interdit de lire le 27 Mai le discours de notre Président National.

    Tout cela dans l'indifférence générale : nous avons en effet alerté le maximum d'Autorités sur ces prises de position que nous jugeons anormales en démocratie (appuyées par un sous-préfet plus Le Pen que Le Pen) , aucune réponse ne nous a été apportée, ni aucun message de soutien !

    de quoi être désespérés ! Comment faire un travail de mémoire dans ces conditions !!!!!

     

  2. Je comprends parfaitement et je pense que nous nous devons d’être solidaires dans nos actions. Ce matin cérémonie des Déportés à Sainte – Livrade. Maire UMP… Pas de chant des Marais. Lorsque j’ai demandé une explication au responsable, il m’a dit que cela avait été décidé à cause d’une difficulté technique (changement de CD). Quel respect pour les déportés?

  3. Je suis Président du Comité ANACR du Louhannais, notre comité n’est pas le bienvenu à Louhans, car nous combattons l’extrême-droite, j’ai reçu un courrier du premier adjoint, que j’avais une position anti-fasciste, cela le dérange.
    Le maire nous a supprimé la subvention, suppression d’une salle pour notre exposition sur « la Déportation dans les camps nazis », suppression du droit de parole lors de la Journée Nationale de la Déportation, le 27 mai, nous l’avons obtenu car nous avons fait le nécessaire, suite à un altercation avec le sous-préfet au sujet du droit de parole, le maire de Louhans m’a exclu du Comité de Mémoire, il ne cite plus mon nom. Tout cela en 2015. Soyons vigilants

  4. J’ai fait une erreur, ce n’est pas la Journée Nationale de la Déportation mais pour la Journée Nationale de la Résistance le 27 mai 2015, le sous-préfet et le maire m’interdisaient de faire un discours pour cette journée, nous avons obtenu le droit de parole car j’ai fait intervenir la Présidence de la République.

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