6 avril 2014 – 5 – Congrès départemental de l’ANACR de Lot-et-Garonne à Aiguillon : L’ANACR aujourd’hui

L’ANACR aujourd’hui

Jacques Varin : l'ANACR aujourd'hui
Jacques Varin : l’ANACR aujourd’hui

Avant de commencer mon propos, je veux vous dire mon plaisir d’être à nouveau dans votre département – que je commence à connaître – pour y représenter la Direction Nationale.

Quelques mots tout d’abord sur notre #Association : au 31 décembre 2013 – ce sont les derniers chiffres concernant une année que nous possédons – l’#ANACR rassemblait près de 3 900 Résistantes et Résistants de tous réseaux, mouvements, syndicats et partis Résistants, restant ainsi – et de loin – l’Association la plus représentative de la #Résistance. Quant aux «Ami(e)s de la Résistance (ANACR)», ils étaient, à cette même date, près de 9 000 présents aux côtés des Résistants, ce qui fait aussi de notre Association la principale structure de passeurs de #mémoire des #combats et des #valeurs de la Résistance de notre pays.

Parmi eux, les effectifs du Comité départemental du Lot-et-Garonne – 150 Résistantes et Résistants, ainsi que, toujours au 31 décembre 2013, 502 Ami(e)s de la Résistance – le placent, avec un total de 652 adhérents, au second rang des comités départementaux juste derrière celui de Corrèze et avant celui de Dordogne.

Pour ce qui est des Ami(e)s, l’effort de recrutement doit être évidemment développé : car les rangs des Résistant(e)s continuent inexorablement de s’éclaircir : 650 nous ont quittés en 2013 sur le plan national, dont 35 en Lot-et-Garonne.
Car aussi nous constatons la #résurgence grandissante des #idéologies #xénophobes, #racistes, f#ascistes sont dans notre monde en crise politique, économique, sociale et morale.

Enfin, les remises en cause de nombreux #acquis de la #Libération se sont accentuées : on vient d’annoncer que les statuts de service public de la SNCF, né du Front populaire, et de la RATP, née de la Libération, ainsi que l’aide que leur apporte l’Etat fausseraient la concurrence…

Renforcer le nombre des #Ami(e)s de la Résistance est certes une nécessité pour l’action au présent, mais aussi et surtout pour en assurer l’avenir ; à cet égard la progression même modérée de l’effectif des Ami(e)s en Lot-et-Garonne – + 12 – est encourageante.

A son congrès National tenu à #Limoges en octobre 2006, l’ANACR a affirmé, en ouvrant ses rangs aux Ami(e)s de la Résistance, sa volonté d’assurer la pérennité de son existence, et par là-même de faire en sorte que son message continue à être porté aux générations présentes et futures. Car la #ransmission du relais aux Ami(e)s de la Résistance est la condition de cette pérennité de l’action dynamique de l’ANACR. Et nous pouvons être reconnaissants à Jean #Mirouze, dont la mémoire est présente aujourd’hui parmi nous, à Paul #Limouzi, aux autres camarades Résistants du Lot-et-Garonne qui ont eu la clairvoyance et la volonté de transmettre le flambeau aux Ami(e)s de la Résistance, ce qu’a symbolisé l’accession à la Présidence de votre comité départemental de Brigitte #Moreno.

Certes, les Ami(e)s de la Résistance ne sont pas générationnellement porteurs du vécu de la Résistance, précieux quand des Résistant(e)s vont #témoigner devant des scolaires ; et certains, parmi les Résistants mais aussi parmi les «Ami(e)s», ont pu s’interroger sur la légitimité des «Ami(e)s» pour parler – aujourd’hui et demain – de la Résistance.

Mais, les rangs des Résistant(e)s s’éclaircissent, et les «Ami(e)s de la Résistance» doivent trouver les sources de leur légitimité non évidemment dans une participation à la Résistance, impossible pour des raisons de génération, mais dans l’approfondissement avec rigueur de leur connaissance de la Résistance, condition évidente de toute légitimité pour en parler aujourd’hui et demain ; connaissance qu’ils ont pu – et peuvent – acquérir – par l’#étude ou la #recherche, lors des #témoignages des Résistants dans les établissements scolaires, que nous aurons à poursuivre.

Ce qui implique que les #enseignants ressentent le besoin de faire appel à nous parce que, en quelque sorte, nous sommes – nous devons être – des «spécialistes» de cette période de notre histoire contemporaine, alors qu’eux sont, par métier, des généralistes sur toutes les périodes de l’histoire depuis… la Préhistoire jusqu’à nos jours.

Nous devons aussi être attentifs à l’approfondissement et à la diffusion de la connaissance de la réalité historique concernant tant la Résistance, en tant que telle, que le fascisme et la #lutte #antifasciste. Car les #négationnistes falsifient délibérément la réalité historique, en en présentant des versions mensongères, tronquées, unilatérales, tendancieuses, car les ouvrages publiés, les émissions de télévision et les films consacrés à la Résistance, prennent parfois trop de liberté avec sa réalité, des distorsions ou imprécisions en faussant la réalité.

Faire en sorte que les références à la Résistance – tant en ce qui concerne les faits que les principes qui guidèrent son combat – soient en conformité à sa réalité historique a été, pendant près de vingt ans, avec la transmission de ses valeurs #humanistes, #démocratiques et #patriotiques, l’une des principales raisons qui ont inspiré notre revendication – avancée dès 1988 par le comité ANACR de la Drôme – d’instauration d’une «#Journée nationale de la Résistance», le #27 mai, date anniversaire de la création en 1943 par Jean #Moulin du Conseil National de la Résistance (#CNR). Car nous voulions – car nous voulons toujours – que soient restituée de manière authentique la mémoire de ces valeurs qui motivèrent les Résistant(e)s, la mémoire de la lutte qu’ils menèrent.

Nous sommes attentifs à ce que soit mis en valeur le sens #antifasciste, #démocratique, #humaniste et #patriotique du combat et du sacrifice des Résistant(e)s et des Français(e)s Libres contre la #barbarie, pour libérer la #France de l’#occupation #nazie et de ses complices pétainistes, pour abattre le #fascisme et le #nazisme. Et nous sommes contre toute confusion mémorielle visant à escamoter la spécificité de chaque conflit, c’est pourquoi nous nous sommes élevés contre la décision de faire du 11 novembre une journée d’hommage à tous les morts de tous les conflits, même s’il est précisé que les autres commémorations seraient maintenues. De plus, les millions de tués et blessés de ce premier conflit mondial qui a meurtri les corps et les âmes méritent qu’une date spécifique d’hommage leur soit dédiée.

Pendant 25 ans, nous avons mené bataille pour enraciner dans les réalités locales, départementales et régionales la «Journée Nationale de la Résistance, le 27 mai», avant qu’elle ne le soit au plan national. Notre dernier Congrès national réuni à Lons-le-Saunier, en octobre 2012, avait adopté à l’unanimité une lettre au Président de la République réitérant notre demande, suggérant qu’en 2013 le 70ème anniversaire de la création du #CNR soit l’opportunité saisie pour y faire droit.

Au début de l’année dernière, l’ANACR avait rencontré le 17 janvier le ministre délégué aux Anciens combattants, M. Kader Arif, pour lui rappeler notre demande, que nous menions depuis plus de vingt ans le combat pour l’obtenir et que nous continuerions à le faire tant que nécessaire. Le ministre – et c’était totalement nouveau par rapport à ses prédécesseurs – nous a dit qu’il était favorable à cette instauration d’une Journée Nationale de la Résistance le 27 mai. Cela restait à concrétiser dans les faits et à traduire dans les textes…

Le Sénateur #Mirassou et les membres du Groupe socialiste au Sénat, déposèrent   – après notamment l’audition de l’ANACR – une proposition de Loi en ce sens qui, présentée au Sénat le 28 mars 2013… fut adoptée par 346 voix sur…348, les sénateurs de tous les groupes parlementaires du Sénat – tant de la majorité que de l’opposition sénatoriale – votant avec enthousiasme le texte.

La proposition de Loi sénatoriale votée par le Sénat fut transmise à la Commission de la Défense de l’Assemblée nationale, mais les remous parlementaires liés à l’affaire Cahuzac puis au «mariage pour tous» retardèrent le vote – lui aussi obtenu à l’unanimité – de l’Assemblée Nationale, qui n’est pas intervenu comme nous l’espérions avant le 27 mai, date du 70ème anniversaire de la création du CNR, mais le 9 juillet ; Puis, le 19 juillet suivant, le Président de la République, François Hollande, à promulgué la Loi faisant de la date du 27 mai la Journée Nationale de la Résistance.

L’ANACR peut être fière de l’aboutissement de ce combat qu’elle a initié et mené avec constance depuis près de vingt ans, la Résistance est désormais intégrée – et ce n’est que justice – dans le calendrier mémoriel officiel de la Nation.

Ainsi, cette année, la Journée Nationale de la Résistance doit être commémorée dans tous les départements de France, y compris dans ceux – une quinzaine – où l’ANACR étant absente, elle ne l’était que bien peu ou pas du tout, les enseignants étant invités à parler ce jour-là de la Résistance à leurs élèves.

Car la victoire obtenue, la bataille n’est pas pour autant terminée : il va falloir faire vivre cette Journée Nationale de la Résistance, qui ne saurait se réduire à des dépôts de gerbes, nous devrons veiller à garder aussi à cette Journée le caractère associatif et populaire que nous lui avons donné au fil des années, avec les conférences, expositions, projections de films associées que nous avons organisées.

Mais cette année, les cérémonies de la Journée de la Résistance – devenue Journée Nationale – seront rehaussées par la participation des autorités officielles civiles et militaires à l’hommage rendu aux Résistantes et Résistants qui ont lutté et souvent se sont sacrifiés pour que notre pays redevienne libre.

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